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Utilités, adductions d’eau et assainissement

Problématique globale

L’amont de la production de l’eau utilisée sur site industriel, ou dans les études de bâtiments, est rarement pris en compte au sein des Analyses du Cycle de Vie (ACV). De plus, il y a peu de feuilles de données génériques disponibles concernant la production d’eau potable ou l’assainissement… Est-ce à dire que cette problématique ne concerne pas le secteur des utilités ?

La chaîne de valeur des industries des utilités est complexe : le distributeur, qui souvent assure la maintenance (aspect contractuel, par ex. des Partenariats Public-Privé – PPP), est client de ses fournisseurs d’équipements. Ses clients reçoivent un service d’adduction d’eau potable ou d’évacuation des ses eaux usées. Les métriques sont différentes le long de la chaîne de valeur : unités fonctionnelle différente (mètre linéaire de réseau vs. service rendu). Cette complexité apparaît aussi sous l’angle financier.

Pour l’ensemble des acteurs, on raisonne en termes de réseau (un système complexe) plutôt qu’en termes de produit (un des éléments du réseau).

L’une des problématiques majeures des entreprises du secteur des utilités en France est la gestion d’un parc de réseaux existant, dont les impacts environnementaux de production sont pour certains amortis depuis longtemps… peu d’endroits ne sont pas équipés (à part pour la fibre optique, hors sujet dans le cadre de cet exemple). Ici, les entreprises ont surtout besoin de mettre en place des solutions de maintenance adaptées et performantes d’un point de vue environnemental… et financier. Elles doivent aussi exploiter ces réseaux au mieux.

A l’étranger, quand les réseaux n’existent pas et qu’il y a une demande, la problématique est de bien cadrer l’investissement et la durée de la concession par rapport à ce que les gens sont prêts à payer, dans un contexte politique parfois fluctuant et incertain. Une fois cela fait (et donc une fois la possibilité de mettre en place un réseau neuf validée), les aspects environnementaux peuvent commencer à être pris en compte. Ces aspects sont donc du second ordre.

Une des spécificités fortes du secteur (valable aussi dans le domaine de l’énergie) est que l’utilisateur final n’est pas propriétaire ni locataire du réseau. De plus, il n’a aucune influence sur les choix de maintenance : c’est l’opérateur qui en est en charge. Il met souvent en place de la maintenance préventive des réseaux pour éviter les pannes (fuites), avant l’arrivée à la fin de vie des équipements individuels qui le constitue.

Aspects environnementaux

Deux points clefs doivent être traités : l’usage, et la production / maintenance.

L’énergie d’usage du réseau est associée aux équipements de potabilisation, ainsi qu’au frottement dans les tuyaux (un réseau sans frottement ne consommerait que très peu d’énergie de pompage). Un parallèle peut être fait avec la voiture où la consommation énergétique est associée in fine aux frottements des pneus sur la route… qui justement sont indispensables pour que le véhicule avance. Dans le cas des réseaux d’eau, on cherche à réduire ces frottements au minimum car ils ne sont pas utiles, ce que font certains fabricants par la mise en œuvre de revêtements performants.

La fin de vie des réseaux d’utilités est souvent laissée de côté par les études d’ACV, comme le sont les réseaux en fin de vie ! i.e. on laisse souvent le réseau enfoui dans le sol sans rien en faire ou, et surtout, la fin de vie du réseau n’existe pas puisqu’il est presque impossible de changer brutalement un réseau dans une ville donnée : on le rénove par portion. La maintenance est la phase qui provoque la fin de vie des composants du réseau, et cette fin de vie est prise en compte.

L’impact environnemental de la production et de la mise en œuvre (e.g. épuisement des ressources) des réseaux, et des composants des réseaux lors des maintenances, est important, et sera amorti pendant la durée de vie des composants dans le réseau. De même le coût d’investissement est important. C’est l’un des paramètres qui pousse à la mise en place de partenariats publics privés sur de longues périodes (quelques dizaines d’années). Il est nécessaire aussi de regarder l’impact environnemental de la construction des centres de potabilisation et d’assainissement (à rapprocher des études d’éco-conception des bâtiments).

Réflexions sur la durée de vie

La durée de vie d’un réseau est longue… à notre échelle, elle ne finit pas (puisque les villes ne disparaissent pas !). La durée de vie des équipements peut être très différente selon les choix de matériaux employés.

Le choix de la durée de vie des équipements qui composent les réseaux est fondamental lors des comparaisons (réalisées à l’aide des ACV) entre réseaux utilisant des produits composés de matériaux différents. La durée de vie d’un composant peut être prise comme intrinsèque, ou dépendante de la maintenance du réseau dans lequel il est employé. Le choix est légitimé par la façon dont les conclusions de la comparaison sont rédigées.

Il est d’ailleurs difficile de connaitre la durée de vie de chaque produit dans le réseau. Un parallèle peut être fait avec le secteur de la construction où le choix de la durée de vie du bâtiment (au sein du programme) fixe la durée de vie « réelle » de chacun de ses composants.

Aspects spécifiques à l’eau potable, fonctionnalités

On rend un service plutôt qu’on ne vend un produit (c’est justement la notion d’utilités). L’ampleur de ce service est souvent sous-estimée dans les ACV (notamment comparatives), et par exemple réduite à « la livraison d’un litre d’eau potable chez le client ». Dans le cadre de la distribution d’eau potable justement, si la quantité d’eau livrée baisse (e.g. quand les consommateurs deviennent économes pour limiter leur impact environnemental), il est nécessaire de facturer l’eau livrée plus chère (au m3)… pour permettre d’amortir les investissements. De ce fait, les efforts environnementaux ne se traduisent pas linéairement en économies financières pour le client.

L’intégration des fuites (rejets, mais aussi les impacts de la production amont des produits perdus) dans les bilans du service rendu doit être faite. Le taux de perte est parfois important sur certains réseaux très anciens, ce qui pèse sur le bilan complet du service rendu.

La problématique sanitaire existe aussi dans le cadre de l’adduction d’eau potable. Cette problématique est la raison pour laquelle des stations de traitements de l’eau sont construites. On analyse les impacts environnementaux du traitement, notamment de la production et de l’usage des produits chimiques (épuisement des ressources, pollution de l’eau). Cette problématique sanitaire doit faire partie des études environnementales des utilités liées à l’eau.

Aspects spécifiques à l’assainissement

On peut parler dans le cas de l’assainissement de bénéfice environnemental, i.e. comparer les impacts à assainir l’eau usée par rapport aux impacts qu’aurait l’eau non assainie si elle était rejetée telle quelle à la rivière. On peut bien sûr comparer des alternatives. Par ailleurs, dans certains cas, les rejets directs d’eaux usées en rivière sont pratiqués… Les approches d’ACV de l’assainissement peuvent être mises en parallèle avec celle du traitement des déchets.

Réflexions concernant la communication publique en matière environnementale à rendre pour l’entreprise d’utilités

Il est possible que l’entreprise communique au niveau « corporate » (e.g. « impact d’un m3 distributé à Paris ») ou spécifiquement à un usage donné, à une région donnée… Le choix de l’unité fonctionnelle et du système couvert est important, ainsi que sa définition claire et compréhensible par l’ensemble des acteurs.

Il est aussi possible de communiquer ses progrès, avec la quantification des impacts environnementaux économisés par m3 distribué. Il est aussi possible de chercher des bénéfices environnementaux à communiquer (assainissement).

Réflexions concernant la mise en place d’un outil adapté

Un outil Web de modélisation du fonctionnement d’un réseau peut être mis en place pour répondre aux besoins d’évaluations environnementales évoqués plus haut, adaptés à une entreprise du secteur des utilités. Il se fonderait sur les éléments suivants :

  • description physique du réseau, s’appuyant sur des paramètres et une base de données
  • maintenance du réseau, s’appuyant sur ce qui est programmé (et validé par l’historique)
  • usage du réseau, s’appuyant sur la production globale de l’entreprise d’utilités
  • le service rendu, s’appuyant sur la facturation clients globale de l’entreprise d’utilités

L’outil pourrait fournir alors, après calculs, des indicateurs :

  • quantitatifs : impacts (eau consommée, pollution de l’eau, avec le CO2)
  • qualitatifs : pertes (en volume)

Les indicateurs doivent être travaillés pour répondre aux besoins.

L’accompagnement de Solinnen

Solinnen peut accompagner une entreprise dans le secteur des utilités le long des étapes suivantes, à l’aide de ses experts et de ses outils :

  • définition des besoins de services rendus par l’outil, i.e. des objectifs de l’outil (issus des premières réflexion plus haut, et d’autres besoins à déterminer avec le client)
  • application du guide pratique de l’AFNOR sur la communication environnementale (pour compléter la définition de l’outil et le rendre « conforme » sous l’angle EPD)
  • modélisation du système d’ACV nécessaire pour répondre aux objectifs, détermination du besoin en base de données
  • détermination des paramètres à entrer à l’usage de l’outil
  • structuration de la base de données dont les besoins sont définis plus haut
  • alimentation de la base de données, à partir de données de l’entreprise d’utilités, de celles de ses fournisseurs (équipements), et de données publiques (e.g. ADEME)
  • création du système d’ACV nécessaire dans l’outil
  • création de questionnaires et de procédures destinées à la collecte des valeurs des paramètres clefs de production et d’usage
  • collecte des valeurs des paramètres clefs de production et d’usage, validation des ordres de grandeur de ces valeurs (à l’aide de l’outil et par expertise)
  • calculs, finalisation de la définition des indicateurs, production des indicateurs
  • définition des modes d’affichage environnemental, incl. le format et ce qui sera communiqué au client final, l’unité fonctionnelle
  • production des affichages environnementaux
  • production de données génériques / spécifiques pour les ACV (génération de bases de données)
  • mode d’emploi de l’outil pour le benchmark
  • mode d’emploi de l’outil pour la conception (éco-conception)
  • mode d’emploi de l’outil pour le coupler avec des outils d’évaluations financières, et éventuel accompagnement dans le couplage
  • accompagnement dans le déploiement de l’outil : formations, encadrement à l’usage, revue
  • utilisation de l’outil pour remplir ses objectifs, à l’aide de jeux de paramètres spécifiques

N’hésitez donc pas à nous contacter pour nous faire part de vos problématiques sectorielles, et nous vous répondrons pour définir avec vous les services éventuels que Solinnen peut vous rendre afin de vous assister pour le traitement de ces problématiques.

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